Silence, on coule à Bradford !

31 Août

Alors que l’équipe de rugby à XIII de la ville, les Bradford Bulls, brille en Super League ces dernières années, celle de football, Bradford City, est en train de couler doucement mais sûrement. À l’issue de la saison 1998-1999, les Bantams accèdent à la Premier League et se maintiennent miraculeusement en terminant 17ème au classement. Depuis, c’est la dégringolade : les Paraders évoluent désormais en League Two, la quatrième division anglaise. Pas étonnant au vu des déboires du club depuis maintenant dix ans. La chute se poursuit, et il se pourrait qu’ils n’aient pas encore touché le fond…

Valley Parade, l'antre des Bantams

Pour les vainqueurs de la FA Cup en 1911, le plan est simple mais très (trop ?) ambitieux : remonter en Championship (D2) à l’horizon 2016. Actuellement, les Bantams végètent au dernier étage du football professionnel anglais, en D4, depuis maintenant trois saisons, sans jamais vraiment lutter avec les équipes de tête. Et, celle en cours n’a pas vraiment bien commencé : quatre défaites et un nul (avant une victoire le week-end dernier), alors que treize nouveaux joueurs sont arrivés à Bradford cet été. Résultat : le manager du club Peter Jackson a démissionné de son poste jeudi dernier au cours d’une réunion du board, alors que les dirigeants, le président Mark Lawn en tête, souhaitaient « construire » pour faire entrer le club dans une nouvelle ère, afin de renouer avec le succès et les promotions.

Personne donc ne s’attendait à ce départ si brusque et si surprenant de celui qui fût un joueur historique du club (1979-1986 puis 1988-1990), notamment durant l’incendie du stade en 1985, et qui venait de signer un contrat d’un an cet été après avoir occupé le poste en tant qu’intérimaire depuis six mois. Mais, en se renseignant sur l’histoire récente du club du Yorkshire, on se rend compte que les troubles de ces dernières années ne sont pas anecdotiques, mais plutôt liés à des problèmes financiers et de nombreuses erreurs.

Officiellement, cette démission a été accueillie par le board avec stupéfaction, celui-ci ne comprenant pas cette décision, mais maintient avec la plus grande fermeté que celle-ci était uniquement celle de Jackson : « Peter a dit au board qu’en raison du mauvais départ pris en ce début de saison, il a senti que démissionner maintenant pourrait donner au club le plus de chance possible pour le reste de la saison. »

Les joueurs eux-mêmes étaient surpris de cette décision, comme Michael Flynn, au club depuis 2009 : « Personne n’a une idée. En quittant le club, j’ai blagué avec le coach parce qu’il portait une chemise et un pantalon. Je lui ai demandé s’il avait un rendez-vous galant, et il a juste dit, « Non, une réunion du board ». Ce qu’il s’est passé au cours de la réunion du board, je ne le sais pas. »

Mais les rumeurs expliquant son départ se multiplient chez les fans et dans la presse locale. Les dirigeants, comme le confirme Lawn, discutaient d’une « augmentation des budgets afin de faire signer des joueurs expérimentés et les attirer ». Mais il se murmure que le board aurait par exemple refusé de lui accorder l’autorisation de faire signer l’ailier d’Huddersfield Town (D3), Danny Cadamarteri, ancienne promesse d’Everton n’ayant jamais confirmé au plus haut niveau et qui avait été viré de Bradford en 2006 pour avoir manqué un contrôle anti-dopage.

Des bruits courent aussi sur des supposés désaccords entre le désormais ex-manager et le nouveau directeur du recrutement, Archie Christie. Ce dernier est chargé de mettre en place une seconde équipe en parallèle des professionnels, composée de jeunes joueurs capables à tout moment passer à l’étage supérieur si le besoin s’en fait ressentir. Même si officiellement (une fois de plus), tout cela s’est fait avec l’accord de Jackson, il apparaîtrait que le couple ne s’entendait pas à merveille.

Même si tout cela reste à confirmer, il est néanmoins certain que ce n’est pas là que les problèmes du club ont commencé. En effet, économiquement parlant, les premiers déboires s’expliquent déjà par les deux fois où le club a été placé sous administration judiciaire. En 2002, alors que le club évolue en Championship (D2), Bradford est un des 72 clubs touché par la faillite d’ITV Digital et ne touche pas les £5 millions qui lui étaient promis. Le club est alors endetté à hauteur de £13 millions, et doit payer le salaire de son joueur star, Benito Carbone, qui touche un salaire équivalent à £400000 par semaine (en grand gentleman, il ne réclamera pas une grande partie de ses impayés), ainsi que ceux de Dan Petrescu et Stan Collymore. C’est ce qu’à l’époque Richmond, le président, avait appelé les « six semaines de folies » durant lesquelles il avait acquis ces trois joueurs de renom, ce qu’il regrettera par la suite d’un point de vue financier.

Et l’on remet ça en 2004 ! La famille Rhodes et Gordon Gibb, les deux actionnaires principaux, avaient sauvé le club de la faillite début 2003, mais une querelle éclate et Gibb quitte le bateau ivre. Finalement, le club pourra rester en League One (D3), mais à quel prix ? Une relégation l’année précédente… Et une nouvelle en 2007, pour se retrouver en League Two (D4), où le club lutte, et c’est le terme adéquat, encore actuellement.

Car il n’y a pas de secret : un club instable n’atteindra que rarement les objectifs qu’il se fixe. Regardez Abramovitch et sa quête de la Champions League… En treize ans, depuis la nomination de Paul Jewell au poste de manager, dix autres noms ont tenté tant bien que mal de maintenir le navire à flot. Hutchings emmènera le club en Coupe Intertoto, mais ne survivra pas à l’ire de Geoffrey Richmond. Jim Jefferies restera un an après lui, mais ne convaincra pas le difficile ancien président des Bantams, tout comme les résultats et le jeu prôné par son successeur, Nicky Law. Bryan Robson, l’ancienne légende de Manchester United, n’arrêtera pas la chute du club en D3, et le suivant Colin Todd ne parviendra pas à maintenir le club en D3, remplacé par l’intérimaire David Wetherall, lui qui avait maintenu le club en Premier League en tant que joueur par son but contre Liverpool en 2000, qui achèvera la saison débutée avec Todd.  Enfin, ni McCall ni Peter Taylor ne permettront aux Paraders de remonter en D3.

La nouvelle est tombée rapidement après l’annonce du départ de Jackson, c’est Phil Parkinson qui prendra le relaie à la tête de l’équipe, et qui tentera de réussir là où aucun depuis dix ans n’est parvenu à répondre aux attentes des fans et des dirigeants. La valse des managers n’a visiblement pas fonctionné à Valley Parade.

L’arrivée de Mark Lawn en 2007 en tant qu’investisseur comme président a permis à Bradford City de rembourser ses dettes et, depuis quatre ans, il a beaucoup investi dans le club qu’il supporte depuis son enfance. Mais, comme l’on soulignés McCall et Taylor suite à leurs départs, Lawn n’est pas un président avec qui il est facile de travailler. Il incombera à Parkinson, qui sera sur le banc des Citizens dès ce week-end après avoir assisté depuis les tribunes aux deux derniers matchs du club (deux succès : 4-2 contre Barnet puis 0-0, 3-1 aux tirs au but contre Sheffield Wednesday lors du premier tour du Johnstone’s Paint Trophy), de redorer le blason d’une équipe qui a tant souffert ces dernières années. Et le plus vite possible, pour éviter que le chute ne se prolonge davantage. Bonne chance à lui en tout cas…

La capitale, c’est Manchester !

29 Août

13-3. C’est le résultat du match Manchester-Londres de ce dimanche, soit une victoire de City 5-1 à Tottenham et un succès 8-2 de United contre Arsenal. À n’y plus rien comprendre ! Pourtant, si l’on regarde de plus près, on remarque que le rapport de force n’est plus le même : l’épicentre du football anglais s’est désormais déplacé de 250 kilomètres au nord. Pour quelles raisons ? Voici quelques éléments de réponse…

United/City : les frères ennemis

United/City : les frères ennemis

Le déclin des londoniens

Il serait imprudent de tirer des conclusions après seulement trois journées car elles seraient trop hâtives de toute façon. Mais, en comparant les forces en présence par rapport à la même époque l’an passé, trois équipes londoniennes pouvaient prétendre à remporter le titre : Chelsea, Arsenal et Tottenham. Une année plus tard, seul Chelsea semble en mesure de récupérer son titre de 2010. Sur le plan comptable, les Blues ne sont qu’à deux points du duo de tête mancunien, mais au niveau du jeu, ils en sont à des années lumières pour l’instant. Certes, l’équipe est en reconstruction et s’est déjà renforcée, notamment avec l’arrivée de Juan Mata, qui a signalé son arrivée par un but et qui apportera de la créativité à un milieu de terrain lent et peu inspiré ces derniers mois, en attendant peut-être Luka Modric, mais outre ce milieu manquant d’idée, la défense inquiète, en difficulté face à la puissance de Holt et à la justesse technique de Hoolahan, le meneur de jeu des Canaries. Le retard concédé aux deux clubs du Lancashire semble difficile à combler pour cette saison et il faudra laisser du temps à André Villas-Boas pour construire un groupe capable de redevenir un des favoris tant sur le plan national qu’européen, malgré le fait que justement, donner du temps, n’est pas dans les habitudes du propriétaire Roman Abramovitch.

Chelsea reste néanmoins devant ses voisins du nord de Londres, dont la situation semble pour eux désespérée à l’heure actuelle. La première raison à cela est l’absence quasi-complète de renforts durant le mercato. Les claques subies ce week-end en disent long : il va falloir faire en deux jours, avant la fermeture du marché des transferts, ce qui n’a pas été fait en deux mois, c’est-à-dire se renforcer.

Du côté d’Arsenal, ni Nasri ni Fabregas n’ont été remplacés d’où les carences flagrantes dans la création sur la pelouse d’Old Trafford, avec Rosicky et Arshavin transparents, la défense est complètement dépassée sans Vermaelen ni Sagna et le banc manque clairement de profondeur. Les blessures et les suspensions peuvent être une excuse, mais jusqu’à un certain point seulement. Depuis maintenant bien trop longtemps, Arsène Wenger aurait pu acheter un défenseur central, comme Jagielka ou Cahill, plusieurs milieux de terrain et un attaquant. Il aurait pu aussi laisser partir Nasri plus tôt, afin de se laisser plus de temps pour lui trouver un remplaçant. Mais l’Alsacien en a décidé autrement, et par conséquent son équipe partait perdante avant même le coup d’envoi, dès l’annonce des compositions d’équipe. Ce n’est plus un problème d’âge car les équipes avaient une moyenne de 23 ans, mais plutôt d’expérience voire de niveau tout simplement. Comment le jeune Jenkinson peut-il passer de la D6 à Old Trafford en l’espace d’un an seulement ? Comment Armand Traoré peut-il porter le maillot d’Arsenal, si tourmenté par Nani et dont l’attitude après la rencontre était scandaleuse, lui qui, face aux supporters, à la fin du match ne pouvait s’empêcher de rigoler ? Que dire du banc, composé de Miquel, Sunu et Ozyakup pour ne citer qu’eux… C’est simple, il ne sert plus à rien de parler de titre à Arsenal, n’y même envisager une place dans les quatre premiers pour l’instant, car le projet de Wenger est proche de l’échec, sa politique, si tenté qu’il en est une en ce moment, ne prend pas. Il mérite de par ce qu’il a apporté au club d’être celui qui va reconstruire cette équipe en lambeau, mais il doit revoir ses plans rapidement, avant qu’on ne prenne les décisions à sa place. Voilà où en sont les Gunners : plus bas que terre !

Les Spurs n’ont jamais été aussi proche de leurs voisins du nord de la capitale (du pays, pas du football anglais), mais pas pour une lutte au sommet. Comme l’a si bien dit Redknapp à l’issue de la rencontre, la pré-saison du club a été très difficile. L’annulation du premier match contre Everton à cause des émeutes à Londres, les joueurs mis de côté ayant du mal à partir (Jenas, Bentley, Hutton, Palacios, Pavlyuchenko), le meilleur joueur, Modric, qui souhaite lui s’en aller, le manque d’activité sur le marché des transferts, tout cela s’est ressenti dans la performance de Tottenham hier. Le milieu de terrain des Citizens a étouffé celui des Spurs dépourvu de récupérateur, d’où la signature imminente de Scott Parker à ce poste, ce qui a permis à Dzeko de se créer toutes ces occasions de buts et de marquer quatre buts. Éprouvant tant de difficultés à récupérer le cuir et à en faire bon usage par la suite, dû au manque de créativité d’une équipe où Modric n’avait pas la tête au match et où Bale et Lennon ont peu recherché la profondeur, Tottenham est encore convalescent et il est difficile de la voir faire mieux que la saison passée. Il faut garder Modric, lui remettre la tête à l’endroit, et surtout continuer à rafraîchir l’équipe après l’arrivée en prêt d’Adebayor de… Manchester City.

C’est Madchester !

La ville qui a vu naître les frères Gallagher serait-elle désormais l’équivalente de Milan au niveau du football anglais ? L’axe United-Chelsea, qui a glané les sept derniers titres de champions à lui seul, semble être perturbé avec l’émergence de Manchester City. Il n’y avait qu’un seul grand club jusqu’ici à Manchester, ils pourraient être deux si City continue sur sa lancée du mois d’Août et lutte pour les titres en jeu. Les deux premières victoires, contre Swansea et Bolton, étaient brillantes, mais c’est à White Hart Lane que les hommes de Roberto Mancini ont envoyé un signal fort à leurs concurrents, s’affirmant ainsi comme potentiel candidat au titre de champion d’Angleterre avec cette victoire 5-1, même si en face, ce n’était pas le Tottenham d’il y a quelques mois. La saison passée, lors de la même affiche, le manager italien avait garé le bus de l’équipe devant les buts de Joe Hart afin de ramener un point. Hier, les Citizens n’étaient pas reconnaissables : leurs intentions étaient beaucoup plus offensives, et tout indique qu’il en sera ainsi quelque soit l’adversaire en face. La défense est très solide et le duo de récupérateurs Yaya Touré-Barry permet au quatuor magique Silva-Agüero-Nasri-Dzeko de s’exprimer offensivement, sans oublier leurs tâches défensives. Nasri a créé plus de dix occasions au cours de la rencontre pour signaler son arrivée, dont trois passes décisives, et Dzeko est le premier joueur de Manchester City à signer un quadruplé en Premier League. Le banc des remplaçants est lui très fourni : Tevez, Balotelli, Milner, Kolarov, Richards… Carlos qui ? Il est encore trop tôt pour s’enflammer, mais il va falloir compter sur eux cette saison.

Sir Alex Ferguson le sait mieux que quiconque, la menace la plus sérieuse à l’heure actuelle vient des noisy neighbours. Et au vu de la destruction d’Arsenal par ses joueurs, il semble que ces derniers soient prêts à relever le challenge proposé. Le manager écossais construit actuellement ce qui pourrait être une nouvelle grande équipe, composée de jeunes, formés aux clubs (Cleverley, Welbeck, Johny Evans) ou recrutés par ses soins (De Gea, Smalling, Jones), et des cadres (Vidic, Evra, Ferdinand, Rooney, Giggs) qui prennent du grade après les départs en retraite de l’été (Van der Sar, Scholes). Et les premiers signes sont très encourageants : quatre victoires au mois d’Août, seize buts inscrits, soit une moyenne de quatre par match. Impressionnant, non ? Les recrues sont déjà très bien intégrées : Ashley Young par son intégration réussie (en plus de la forme de Nani) font oublier l’absence de Valencia , Jones apparaît déjà comme un leader en devenir du haut de ses 19 ans, à un poste (défenseur central) où l’expérience est primordiale et De Gea semble petit à petit faire taire les critiques en progressant match après match et, soyez en sûr, il gardera la cage des Red Devils pour les prochaines années à venir. Quoi qu’il arrive, l’avenir est radieux à Old Trafford… et à Manchester tout court. Même si la politique n’est pas la même, City achetant des stars et United les formant la plupart du temps, Manchester est actuellement the place to be en Angleterre. Welcome to Manchester !

La descente aux enfers de Brian Little

27 Août

Des destins comme celui de Brian Little, il en existe plein dans le monde du football. Joueur de niveau correct dont la carrière fut arrêtée à 26 ans pour cause de blessure, un one-club player à Aston Villa entre 1970 et 1980, comptant une seule sélection en équipe nationale d’Angleterre (il n’est pas le seul non plus à ce niveau-là…), sa carrière d’entraîneur, pourtant prometteuse, est désormais une cause perdue, sûrement à jamais. Comment cela a-t-il bien pu arriver ? Récit…

C’est par ici le Pôle emploi !

« Les résultats sont la chose la plus importante. Nous devions bien démarrer, mais il semble que nous n’en prenons pas le chemin. J’ai réfléchi à ce propos durant le week-end et j’ai parlé avec Brian. Il n’y a jamais de bon moment pour cela, mais j’ai été patient avec lui. Vous vous donnez toujours une meilleure chance si, quand les choses ne vont pas bien, vous le faites rapidement. » Ces mots ont été prononcés à BBC Lincolnshire par l’homme qui a montré la porte à Brian Little, Peter Swann, le président de… Gainsborough Trinity, club de Blue Square North (D6), après avoir viré son entraîneur à l’issue de la 4ème journée de championnat.

Après une victoire en ouverture et quatre points en deux matchs, Trinity a perdu les deux dernières rencontres, contre Hinckley United et Stalybridge Celtic, tout en concédant huit buts. Trop, c’est trop donc pour les dirigeants du club, qui ont vu Boro terminer 14ème puis lutter pour le maintien lors des deux saisons de l’ère Little (août 2009-août 2011).

Mais comment en est-il venu à entraîner un club de D6 ? Peut-être qu’il ne parle pas à la grande majorité d’entre vous, mais les puristes du football anglais se rappelleront de cet attaqaunt de poche (1,75 mètres) qui disputa 247 matchs pour 60 buts marqués sous le maillot des Villains, un des nombreux avants-centres réputés qu’a vu naître Newcastle. En tant que joueur, il compte plusieurs acquis : vainqueur de la Third Division en 1971-1972, une sélection en équipe nationale, vingt buts, une promotion en First Division et une League Cup, tout ça lors de la saison 1974-1975, et une seconde League Cup deux ans plus tard, où il marque un triplé en demi-finale et un doublé lors du replay de la finale contre Everton à Old Trafford.

Souvent associé en attaque avec Andy Gray (l’ex-gourou de Sky Sports viré il y a peu), formant un duo prolifique, il fait partie des douze premiers membres du Hall of Fame d’Aston Villa, malgré qu’il ait arrêté sa carrière à 26 ans pour une blessure au genou. Une carrière plus qu’honorable, de quoi lui donner un crédit important à l’orée d’une reconversion comme manager.

N’ayant joué que sous les couleurs du club de Birmingham, vous l’aurez deviné, il ne pouvait entraîner qu’une seule équipe : Aston Villa. Il fit d’abord ses classes à Wolverhampton Wanderers (1986), le club de la banlieue de la ville, et à Darlington (1989-1991) qu’il fit remonter en D4. Puis, il grimpa de deux divisions et transforma en trois ans Leicester City de potentiel reléguable à promu en Premier League (1991-1994).

Sa côte n’en finit plus de grimper, et c’est tout naturellement que Doug Ellis, l’ancien président controversé des Villains, décida de l’engager sans plus attendre en 1994. L’offre d’un retour aux sources, sur le banc de son club de cœur, ne pouvait bien évidemment pas se refuser. Il reprit en main une équipe vieillissante, qui venait certes de finir deuxième en 1992-1993 mais qui avait péniblement commencé la saison suivante, en engageant une refonte de l’effectif tout en le rajeunissant. Des nouveaux joueurs comme Savo Milosevic, le local hero Ian Taylor et le futur buteur de Manchester United seront les fers de lance de l’équipe qui gagnera la League Cup contre Leeds (3-0) en 1996, la troisième de Little après deux en tant que joueur, et qui finira 4ème en Premier League.

Mais cette saison 1995-1996 restera comme celle du pic de la carrière d’entraîneur de Brian Little. Une longue et lente descente aux enfers commence pour le Geordie. Après une cinquième place en 1996-1997, il démissionnera en février 1998 à la suite d’une première partie de saison en demi-teinte.

S’ensuivent alors plusieurs courts passages dans des clubs de D3 : Stoke City (1998-1999) qu’il ne parviendra pas à faire monter en Championship, de même pour West Bromwich Albion (1999-2000) et pour Hull City (2000-02), qu’il conduira jusqu’au play-off la première saison, mais après avoir dépensé £1 million en transferts à l’été 2001, il sera limogé à la mi-saison, laissant les Tigers à une 6ème place en deçà des expectations.

Sa carrière de manager semble prendre un nouvel élan à Tranmere Rovers, qu’il sauva d’abord de la relégation (2004) puis emmena en play-off et en quart de finale de la FA Cup (2005). Mais la troisième saison fut elle bien plus pénible et, évitant la relégation en D4 de peu, il quitta les Rovers d’un commun accord en 2006.

Lui par contre redescend d’une division en acceptant le poste d’entraîneur de club gallois de Wrexham, mais il ne parviendra ni à le maintenir en D4 à l’issue de la saison 2006-2007 ni à bien débuter le championnat suivant en D5, ce qui conduisit à son licenciement fin septembre 2008. La suite, vous la connaissez…

Alors pourquoi de tels mauvais résultats après des débuts si prometteurs ? Lui qui redora le blason de Leicester City, emmenant les Foxes en Premier League et qui imposa son style à une équipe d’Aston Villa séduisante et attractive, produisant un football offensif et vainqueur de la League Cup 1996, dernier trophée glané par les Villains à ce jour.

Peut-être bien que Brain Little a un destin à la Freddy Adu : beaucoup de promesses, mais avec le temps, de l’eau à coulé sous les ponts et il n’a pas réussi à confirmer les espérances placées en lui. C’est le déclin puis l’oubli. Il y a donc très peu de chance qu’il retrouve désormais une place au soleil sur le banc d’un club professionnel du Royaume, tout du moins en tant que manager, car sa réputation en a pris un sacré coup après ses multiples échecs. Et c’est la dure vie du métier d’entraîneur.

Plus de peur que de mal pour Arsenal… Et plus de répit pour Arsène

25 Août

« Ouf ! » a dû se dire Arsène Wenger à l’issue de cette rencontre cruciale face à l’Udinese, remportée 2-1 (3-1 score cumulé) par Arsenal. Les doutes présents à la mi-temps suite à l’ouverture du score de Di Natale ont vite été effacés en seconde période avec une réponse attendue d’un grand club, d’une équipe digne de porter le maillot des Gunners. Tancé par les médias et même par un nombre grandissant de supporters, le Basil Fawlty français s’est offert un peu de répit suite à cette victoire méritée. Et c’est déjà ça…

I've got 99 problems, but Udinese ain't one

Le sourire qui orne les lèvres du manager alsacien, visible sur la photographie ci-dessus, en dit long sur l’importance de ce succès en terre italienne, qui accorde au club sa place en phase de groupes de la compétition pour la quatorzième fois d’affilée. It’s Italian job done for Arsenal, pourront titrer les tabloïds anglais du jour. Et cette joie, Arsène ne l’a pas volée ; elle est même méritée.

Ce fut sûrement une des semaines les plus difficiles à vivre en tant que coach des Gunners pour lui. « Cela fait partie du métier d’entraîneur », disait-il à l’issue de la rencontre au micro de Canal+. Mais après avoir subi les lourdes critiques de la presse, certes justifiées la plupart du temps mais dures quand même, le mécontentement des fans qui l’implorent de plus en plus fort de dépenser un peu d’argent (seulement 350 hier en Italie, alors que les grands clubs anglais attirent souvent plus de 3000 supporters, ce qui en dit long sur la confiance des fans), les départs de Fabregas et Nasri et les blessures en pagaille, c’était le soulagement, le sentiment du devoir accompli qui étaient de rigueur au coup de sifflet final.

Car Arsenal a répondu présent au moment opportun, au moment où tout le monde les voyait tomber plus bas que terre, un peu comme une grande équipe que l’opinion générale avait enterré un peu trop rapidement. La pression d’un match à £20 millions, les Gunners ont montré qu’ils savaient la gérer en vieux routiers du continent européen qu’ils sont et qu’ils restent jusqu’à preuve du contraire.

Le club du Frioul, qui méritait mieux qu’une défaite par le plus petit des scores à l’Emirates Stadium lors du match aller, a bien débuté la rencontre après quelques sueurs froides dans les deux premières minutes. Le milieu d’Arsenal (Song-Ramsey-Frimpong) est dépassé par celui de l’Udinese, et la défense centrale Vermaelen-Djourou, trop laxiste au niveau du marquage, peine à contenir les mouvements des joueurs offensifs adverses. En effet, tout ce que touche Di Natale se transforme en danger pour les londoniens, et c’est sans surprise que le napolitain ouvre le score et remet de façon logique sur 135 minutes les deux équipes à égalité.

Mais Arsenal n’a pas paniqué et, alors qu’on pensait que Wenger et sa troupe allaient prendre l’eau, a réagi de la plus belle des façons. C’est simple, toute l’équipe a répondu présente en seconde période. L’impressionnant Gervinho aux dribbles dévastateurs, après un débordement dans la surface de réparation, servit son capitaine Van Persie pour l’égalisation. Et c’est Walcott parti de la gauche, sur un des éclairs de génie dont lui seul en a le secret dans cette équipe, après une course vers l’intérieur ajuste Handanovic pour sceller la victoire la plus importante des Gunners sur l’année 2011.

Ce succès, Arsenal le doit aussi au calme, à l’assurance de Sagna, toujours bien placé défensivement et participatif offensivement, ne rechignant pas à changer de côté pour occuper le flanc gauche de la défense. Il permet ainsi au jeune Jenkinson, qui jouait en D6 il y a un an, d’occuper le flanc droit et, sans faire de folies, prometteur tant offensivement que défensivement, parvient à faire oublier Clichy, parti à Manchester City, et Gibbs, blessé. Derrière eux, Szczesny a une nouvelle fois prouvé qu’Arsenal n’avait pas besoin d’un nouveau gardien, réalisant un arrêt de grande classe sur un pénalty de Di Natale.

Au milieu, Frimpong donne une dimension physique et une percussion lui permettant d’éliminer facilement son vis-à-vis, alternant avec Song montées et replis défensifs. Suite aux départs des deux milieux créateurs, Wenger a confié les clés du jeu au jeune Gallois Ramsey, qui s’il doit progresser défensivement et dans la distribution du jeu, donne des signes très encourageants. Et n’oublions pas Rosicky qui, rentré à la mi-temps en lieu et place de Frimpong, a assurément livré une des plus belles mi-temps sous le maillot d’Arsenal depuis fort longtemps.

Les attaquants, eux, ont fait le boulot, au moment où l’attaque d’Arsenal était en panne depuis plusieurs rencontres. Et ils ont permi à l’avenir du club et d’Arsène Le Professeur de s’éclaircir. Il reste sept jours exactement à l’Alsacien pour recruter.

Cette victoire est donc triplement importante : à la fois pour les finances du club qui enregistrent une rentrée d’argent de £20 millions, pour la confiance du groupe à l’approche de nouveaux défis, ainsi que pour l’attractivité du club sur le marché des transferts avec la place en Champions League acquise. Cahill, Jagielka, Samba, Parker, Martin, M’Vila, Hazard… Voilà des noms qui pourraient venir renforcer l’effectif d’Arsenal dans les jours à venir… Si Wenger se décide enfin à sortir le chéquier.

Il n’a jamais eu autant d’arguments pour le faire qu’à cette heure-ci : les réserves de cash, les nuits européennes garanties, la pression des fans et du board, la situation au classement en Premier League, les départs et les blessures. Le futur à moyen terme des Gunners passe par cette dernière semaine du mercato estival. Pour le meilleur et pour le pire…

Old Trafford se profile à l’horizon et même si une défaite annoncée ne serait pas un drame, cela ne serait d’aucune aide après un retour au calme inespéré et toujours instable. Arsène knows, est-ce toujours le cas ? Pas si sûr, mais cette semaine cruciale qui se poursuit en dira plus sur les ambitions réelles des londoniens. Pour l’instant, il faut savourer l’instant présent, aussi long puisse-t-il être, car ils se font rares ces derniers temps, les bons moments. En tout cas, Arsène et ses Gunners sont toujours sains et saufs, pour le moment. Et c’est déjà pas mal…

Marre de cette crapule, mais ce n’est pas tout

15 Août

On disait qu’il avait définitivement changé : finis donc les visites chez le juge et les voyages en prison. Oui, Joey Barton semble s’être calmé en dehors des terrains (pour l’instant), mais il continue de faire parler de lui en mal sur les pelouses du Royaume. Dernier épisode en date : samedi dernier lors de la réception d’Arsenal à St James Park. Pour la énième fois, il a encore perdu la tête. Comme l’a dit si bien Arsène Wenger, quand arrêtera-t-il son « cirque » ? En tout cas, ce match soulève de nombreuses interrogations, tout le monde y passe, et pas que l’affreux Joey Barton : il y a aussi l’attitude des joueurs d’Arsenal, l’arbitrage de Peter Walton, la situation des Gunners. Décryptage…

Inutile de rappeler le passif du bonhomme, qui peut encore s’estimer heureux d’avoir un club à ce jour, qui d’ailleurs ne veut plus de lui et par conséquent ne renouvellera pas son contrat. Et au vu des évènements de ce week-end, on ne peut pas vraiment donner tort à Newcastle. Certes, Barton a des qualités de footballeur honorables et parfois sous-estimées, il sait faire preuve d’intelligence (à moi aussi ça m’est déjà arrivé), mais son attitude est inacceptable.

En premier lieu, il n’a pas à arbitrer à la place de l’arbitre. Si ce dernier n’a pas vu de simulation, il n’a pas à agresser sauvagement son adversaire comme ce fut le cas avec Gervinho. Il ne devait pas se mêler de cela. Le plus embarrassant pour lui dans l’histoire, c’est qu’il tient un double discours : il reproche violemment à Gervinho de simuler une faute afin d’obtenir un penalty, et quelques secondes après, lui-même qui s’insurge contre les simulations nous délecte d’une scène digne de la Commedia dell’Arte, tombant au sol après une légère claque sur la joue de la part de l’Ivoirien et restant à terre. Il a lui-même admis par la suite être tombé au sol trop facilement et plaide donc coupable auprès des instances.

Lui qui se veut moralisateur a donc perdu toute crédibilité, il n’est au contraire rien d’autre qu’un vil provocateur, un fourbe et un tricheur. Oui, il faut de tout dans le football : des virtuoses et des destructeurs, des anges et des démons comme lui, et tant mieux que cela soit le cas. Mais, hormis à Newcastle où il est à juste titre un héros dans le cœur des supporters, les neutres ne peuvent s’empêcher d’éprouver du dégoût à son égard.

 

Un arbitrage qui fait débat

Mais passons sur Barton, qui mériterait dorénavant d’être ignoré définitivement. Si tout cela a pu se produire, c’est aussi à cause d’un arbitrage assez catastrophique. Je n’aime pas vraiment critiquer les arbitres, mais comme c’est de coutume pour les joueurs, il est légitime d’évaluer leurs performances, étant des acteurs à part entière d’un match. Dans l’ordre des faits, Alex Song aurait déjà dû être exclu avant l’incident qui fait débat, que le corps arbitral n’a pas remarqué : le Camerounais a marché délibérément sur le mollet de… Barton (tiens, encore lui !), alors que l’Anglais était à terre. Si je reste opposé à l’utilisation de la vidéo durant un match de football, il est évident que la FA doit intervenir a posteriori et suspendre Song, car les arbitres ne peuvent pas tout voir sur la pelouse.

Concernant l’autre incident, contrairement à ce que pense Barton, il n’y a  aucune simulation de la part de Gervinho. Y a t il penalty ? Difficile de se prononcer au vu des images, et cela n’aurait aucun sens de mener un débat là-dessus. Par contre, au lieu de recevoir un simple carton jaune, Barton aurait lui aussi mérité d’être exclu, si l’on part du principe que Gervinho doit l’être lui aussi, pour ainsi ne pas faire de jaloux. L’arbitre n’a pas vu l’incident, tournant le dos à ce qui se passait derrière lui. Mais là encore, comme pour Song, la FA doit se pencher sur le cas de Barton et le suspendre. Pour résumer, la gestion du match de l’arbitre a été très approximative, Peter Walton et ses assistants, comme Phil Dowd la saison passée dans la même affiche, ont eu du mal à maîtriser les joueurs des deux équipes, et c’est bien dommage.

 

L’inquiétude pour Arsenal en partie éclipsée

Il en ressort que tous ces débats passagers ont permis de voiler les interrogations plus profondes concernant Arsenal. Au niveau du jeu, la domination des Gunners fut trop stérile pour inquiéter les Magpies, manquant de créativité dans les derniers mètres. Sans meneur pour éclairer son jeu, avec les départs de Fabregas et Nasri, Arsenal peine à déstabiliser une défense bien organisée. Wilshere blessé, les joueurs créatifs restants fonctionnant sur courant alternatif, Arsenal se doit de recruter pour renforcer un effectif désormais limité comme le réclame les fans, ce qu’il aurait dû faire bien avant pour s’éviter un début de saison poussif. Wenger ne doit pas avoir peur de mettre la main au porte-monnaie pour recruter un défenseur central et un ou deux milieux de terrain, des joueurs confirmés cette fois-ci, comme Cahill, Jagielka ou Mata.

Le temps presse car le mois d’Août s’annonce crucial. D’abord, Arsenal doit passer l’Udinese qui certes a perdu des joueurs cadres (Zapata, Inler et Sanchez), mais reste une équipe dangereuse, emmené par son buteur Di Natale, meilleur buteur des deux dernières saisons en Italie. Et puis il y a Liverpool et Manchester United en Premier League lors des deux prochaines journées, et la perspective d’être déjà distancé au classement en cas d’autres mauvaises opérations comptables. Surtout quand on jette un coup d’œil à la liste des absents : Nasri et Fabregas partis (ou presque pour le Français), Wilshere blessé, Gervinho voire Song suspendus, tout comme Van Persie en Champions League.

Le doute s’installe chez les Gunners, et les faits de match de ce week-end impliquant la crapule Joey Barton et l’arbitrage contestable de Peter Walton ne doivent pas nous empêcher de s’alarmer sur la situation actuelle d’Arsenal. Peut-être que le pire est à venir finalement si rien n’est fait…

 

 

Une pré-saison agitée à Newcastle

24 Juil

Dans la série des clubs en mode « soupe à la grimace », après Blackburn et Everton, place au troisième et ultime volet (jusqu’à nouvel ordre) : Newcastle United. Comme dans les deux épisodes précédents, on retrouve dans le désordre : pas ou peu d’argent à disposition, des fans révoltés, des dirigeants décriés. Plus encore ici qu’ailleurs, c’est devenu une habitude dans le nord-est du royaume de Sa Majesté. Entre envahissement de terrain, abus d’un dirigeant, désaccords perpétuels entre les fans et le board sur la politique globale du club et interdictions de partir en tournée d’été, bienvenue dans le monde fantaisiste des Magpies.

Pour mieux comprendre ce qui se passe à Newcastle depuis plusieurs années maintenant, quoi de mieux que de s’arrêter sur Mike Ashley, le propriétaire du club. D’après les fans, et difficile de les contredire, c’est lui qui est à l’origine de tous les maux du club. Fondateur des magasins de sport Sports Direct, le businessman londonien a acheté le club en juillet 2007 pour £135 millions. Les débuts furent prometteurs : un milliardaire qui assiste aux matchs avec les fans, vêtu de la tunique du club, et qui va boire quelques bières avec eux à la buvette et dans les bars, ça ne court pas les rues (demandez aux fans de Chelsea ou de Manchester United). Sa décision à l’époque de nommer Chris Mort comme président reste à ce jour la dernière bonne décision qu’il a prise depuis sa prise de contrôle du club. Ce dernier fut en effet très populaire auprès des supporters, discutant souvent avec eux et tenant compte de leurs opinions, tout cela en créant la Newcastle United Foundation afin de se rapprocher de la communauté locale. Le zénith de sa popularité correspond au moment où il rappela le favori du public, le « King » Kevin Keegan, pour un second règne, en remplacement de l’impopulaire Sam Allardyce.

Mais la lune de miel fut de courte durée. Dès le départ de Mort en juin 2008, tout est allé de mal en pis. Rapellons nous un peu de ses erreurs : Keegan quitte le club (septembre 2008) suite aux nominations de Llambias en remplacement de Mort comme directeur général et de Dennis Wise comme directeur du football pour se charger du recrutement (lui et Ashley formaient la « Cockney Mafia », surnom donné par les fans), l’échec de la revente du club puis un retour sur cette décision de vendre, la volonté de renommer St James’ Park (sportsdirect.com @ St James’ Park Stadium, ça en jette non ?), plus la mauvaise gestion des managers (les nominations de Joe Kinnear et d’Alan Shearer, le traitement scandaleux de Hughton).

Une chose que l’on ne peut pas reprocher à ce cher Ashley, en tout cas dans l’idée, c’est sa prudence financière. Après l’époque de Freddy Shepherd et les millions dépensés sur les stars telles qu’Owen, Marcelino, Luque, Boumsong, le nouveau propriétaire des Magpies essaye de remettre en ordre la maison au niveau financier, en rééquilibrant les comptes du club. Finies donc les dépenses incontrôlées et cela n’en sera que bénéfique pour Newcastle sur le long terme.

Par contre, ici autant qu’ailleurs, les supporters n’aiment pas les promesses non tenues. Lors du dernier jour du mercato d’hiver, l’avant-centre des Magpies, Andy Carroll, ce jeune si prometteur originaire de la région, était vendu à Liverpool pour £35 millions. À la suite de ce transfert pas vraiment au goût des fans, le club avait tenté d’éteindre l’incendie en déclarant que tout cet argent serait réinvesti cet été : « Nous allons dépenser durant l’été. Chaque penny des £35 millions restera au sein du club », avait dit Derek Llambias, ajoutant : « Mike Ashley ne soutirera du club aucun penny de cette somme. » Pardew aussi se voulait rassurant à l’époque : « Mike Ashley a été clair avec moi que cet argent sera réinvesti dans l’équipe et je n’ai aucun doute que cela sera le cas. »

Mais pour l’instant, avec les arrivées gratuites de Abeid, Ba et Marveaux, plus celles de Cabaye pour £4.3m, compensées par le départ de Nolan à West Ham pour £3m, Newcastle a investi à peine plus de £1 million. Les fans donc, au vu du manque de dépenses, font savoir leur mécontentement, en témoignent les évènements de la semaine passée à Darlington. Alors que Newcastle y disputait un match amical, une partie des 6000 Geordies ont envahi le terrain suite à un but des Magpies. Cela faisait suite à l’abus des supporters sur Llambias aux abords du stade avant la rencontre (on oublie pas non plus les trois joueurs qui n’ont pas obtenu leur visa pour la tournée aux Etats-Unis et qui sont actuellement avec la réserve : Barton et Ranger pour des questions de justice et Cabaye pour quelques détails administratifs).

Soit, les supporters sont déçus, les plus naïfs ont peut-être cru que Newcastle allait avoir une équipe beaucoup plus compétitive la saison prochaine (même si le mercato n’est pas encore fini), mais peut-être aussi que le club souhaite dépenser cet argent de façon différente, comme en offrant de plus gros contrats à certains joueurs. Ce fut le cas notamment pour Cheick Tiote, qui a renouvelé son contrat avec une hausse salariale significative qui le lie à Newcastle jusqu’en 2017.

Les fans tirent de ce fait la sonnette d’alarme à juste titre, même si leurs méthodes restent évidemment controversées. Ils veulent voir plus de nouveaux joueurs arrivés dans le nord-est pour renforcer significativement l’équipe, voulant retrouver une grande équipe à St James’ Park. Pardew souhaite s’attacher les services d’un attaquant (Erding) et d’un latéral. Le dernier trophée du club remonte à 1969, une éternité pour un club aussi populaire, qui n’est désormais plus qu’un club vendeur.

C’est ce qu’on peut craindre en effet, que ces prolongations de contrats ne servent qu’à revendre les joueurs à un prix plus élevé. En vendant Carroll à un prix exorbitant et en souhaitant se séparer des cadres trentenaires n’ayant aucun potentiel de revente à l’avenir (Nolan est déjà parti, Barton ne se verra pas proposer de nouveau contrat), Ashley veut recruter des jeunes joueurs, repérés par Graham Carr qui dirige le recrutement du club, en espérant que leur valeur augmente pour pouvoir les revendre plus tard à un prix élevé.

Cette stratégie est risquée. Si le recrutement est réussi, Newcastle peut espérer remporter un trophée en conservant ses meilleurs joueurs ensemble pendant une ou deux années avant de les vendre par la suite. À l’inverse, dans le cas où les recrues ne seraient pas au niveau attendu, il sera difficile de réaliser une plus-value si un acheteur se présentait par la suite et le club s’installera définitivement dans le ventre mou du classement, en vivant dans la peur d’une nouvelle relégation.

Ce manque d’ambition flagrant ne plaît pas aux fans, et ils ont raison. Le temps est à l’austérité, mais quand on parle d’un club qui joue devant 52000 personnes à chaque rencontre à domicile et qui a connu au milieu des années 1990 l’époque des Entertainers, avec les Shearer, Ferdinand, Ginola, Beardsley, Asprilla et Cole, les fans méritent mieux que ça. Mais avec Ashley, rien ne changera, Newcastle ne pourra pas viser mieux qu’une place dans les dix premiers. Il va falloir être patient et prier car peut-être, un jour viendra, un grand Newcastle renaîtra.

À Blackburn, on en rit encore des poulets de chez Venky’s

21 Juil

La vente du club en novembre 2010 par Jack Walker à la famille Rao, des milliardaires indiens propriétaires de Venky’s, une entreprise spécialisée dans le poulet, avait fait les unes de la presse sportive pendant plusieurs jours. Les ambitions affichées étaient importantes à l’époque, avec en vue un retour des Rovers en Coupe d’Europe. Huit mois plus tard, même si les objectifs sont encore les mêmes, Blackburn est dans une situation très inquiétante et la crédibilité des récents acquéreurs est au plus bas. Analyse…

Tout le monde pensait (à tort) que la famille Rao en avait fini avec les sorties médiatiques incontrôlées et pour le moins hilarantes. Petit rappel pour commencer des erreurs déjà commises… Après avoir remplacé Sam Allardyce par l’inexpérimenté Steve Kean (« Allardyce est un homme charmant mais on veut quelqu’un de meilleur, il nous faut un homme plus jeune et plus énergique », avait dit Venkatesh, l’un des deux frères Rao), la femme à la tête de Venky’s, Anuradha Desai, avait déclaré au sujet du possible futur entraîneur des Rovers pour la saison 2011/2012 : « Nous pensions à Maradona comme manager après l’achat du club. Des discussions ont déjà eu lieu, mais il n’y a rien de concret pour l’instant à ce sujet. ». Toujours aussi croustillant, la volonté de recruter Beckham et Ronaldinho. Voilà ce qu’elle déclarait au sujet du brésilien : « Il est intéressé par l’idée de venir jouer en Premier League et je pense que cela nous correspond. » Elle ajoute même : « Pour être précis, il recevra €7,6m la première année et environ €8,5m la seconde et la troisième année. ». Inutile de vous dire que les fans de Blackburn les attendent toujours à Ewood Park…

Pour couronner le tout, elle qui n’avait « jamais vu de match » de sa vie affirmait viser une place dans les cinq premiers la saison passée, rien que ça ! Et alors qu’on pensait que la famille Rao en avait fini avec ses erreurs passées, détrompez-vous ! Depuis qu’ils ont déclaré que le club aurait £30 millions pour se renforcer afin de se qualifier pour une compétition européenne, il semble que finalement Steve Kean n’aura jamais une telle somme à disposition. Pourquoi alors tenir un discours aussi ambitieux dans les médias et en privé si rien ne se passe au final ?

Après tout, peut-être que cette tactique de la désinformation, menée habillement par Desai, ne serait qu’un écran de fumée pour rassurer les supporters de plus en plus inquiets suite au limogeage de Big Sam. Peut-être que Venky’s veut dissimuler la vérité sur tout ce qui se trame en coulisse, avec la présence de l’agence Kentaro, spécialisée dans le marketing, la production TV, les droits médiatiques dans le sport et le football management. C’est justement Kentaro, en partenariat avec la société SEM de l’agent de joueurs Jerome Anderson, qui semble décider qui recruter, donc en priorité des joueurs liés à la société, et prendrait les décisions importantes concernant le club.

Concernant tous ces arrangements obscurs, des questions demeurent : la famille Rao serait-elle à Blackburn seulement pour faire de la publicité pour son entreprise Venky’s ? Le club ne serait-il pas en réalité dirigé par l’agence Kentaro basée en Suisse ? Si tout cela s’avère être juste, pourquoi alors les nouveaux propriétaires indiens ont-ils passé avec succès le « fit and proper test person » de la Premier League, qui établit si oui ou non une personne peut acheter un club ? Mais au final, personne ne connaît avec exactitude le fonctionnement réel du club en coulisse.

Une chose que l’on sait en revanche, c’est que cet été a très mal commencé pour les Rovers. Steve Kean pensait que le premier payement des £16,5 millions de la vente de Phil Jones à Manchester United allait venir renflouer le budget initial alloué au recrutement (£30 millions). Il n’en serait rien, le manager écossais ne devrait pas disposer de la totalité de cette somme, mais plutôt d’une fraction seulement. La raison évoquée : les banques veulent que les propriétaires remboursent dans les plus brefs délais la dette contractée à l’achat du club, soit £18 millions. Pour l’instant, les Rovers ont déjà perdu Jermaine Jones, Roque Santa Cruz et Mame Biram Diouf, alors qu’ils n’ont recruté que l’inexpérimenté et gratuit Myles Anderson. Ils souhaiteraient aussi ajouter à cette liste de départs les indésirables Nikola Kalinic (proche de Dnipropetrovsk pour environ £4 millions) et El-Hadji Diouf, mais celui-ci, de retour hier à l’entraînement, pourrait écoper d’une amende de £3 millions pour un retard de deux semaines, durant lesquelles il était injoignable.

Et les déboires des Rovers ne s’arrêtent pas là. Avant d’aller disputer un trophée de pré-saison en Asie, Blackburn prévoyait de faire un détour en Inde pour y jouer un match amical à Pune et y rencontrer la famille Rao. Cependant, la rencontre qu’ils devaient y disputer a été annulée après les attentats terroristes à Mumbai, ville située à 200 kilomètres de Pune, et l’on a appris que ce serait en fait les joueurs qui auraient refusé de se déplacer en Inde : un nouveau coup dur pour les propriétaires indiens, que l’on sait furieux suite à cette décision. En coulisse, les nouvelles ne sont pas non plus réjouissantes. Kentaro ne trouve toujours pas un nouveau sponsor pour le club, la famille Rao se dispute avec des agents alors que d’autres tentent de revendre des joueurs du club.

Kean souhaiterait recruter Hugo Pavone, un joueur argentin libre, ainsi que le monégasque Cédric Mogongu, et aussi prolonger le contrat de Benjani. Mais de ces trois joueurs qui paraissent pourtant simples à faire signer compte tenu des moyens annoncés, aucun n’est pour l’instant proche d’Ewood Park. En effet, le transfert gratuit de Pavone a été bloqué à cause du manque de liquidités (alors qu’il avait passé la visite médicale et qu’il était enthousiaste à l’idée de rejoindre le club), Mogongu ne parvient pas à obtenir un permis de travail et un passeport français et Benjani, qui souhaite rester, ne peut recevoir une prolongation d’un an de son contrat.

Blackburn n’est pas le seul club à être en difficulté pour recruter de nouveaux joueurs, et Kean demande aux supporters à juste titre inquiets de rester calme, déclarant que « deux offres ont été transmises et nous verrons si elles sont acceptées ». Mais l’écossais ne pourra pas faire des miracles s’il n’a assez d’argent pour renforcer un club qui pourrait perdre son meilleur joueur, Chris Samba (Arsenal est intéressé), qui a un staff médical trop réduit et qui n’a toujours ni président ni directeur général depuis les départs des anciens dirigeants. Il est dans l’obligation de se déplacer lui-même régulièrement en Inde pour rencontrer les propriétaires, un comble ! Le poids qui pèse sur ses épaules est trop lourd à porter pour un seul homme qui ne pourra être tenu pour responsable si la saison démarre mal pour les Rovers : il lui faut du soutien, et vite !

Le silence de Desai et de ses deux frères n’arrange pas les choses : les questions sans réponses ainsi que la frustration et la confusion demeurent. Pas rassurant pour un club qui s’est maintenu lors de la dernière journée de la saison précédente. Les supporters méritent d’en savoir plus et un peu d’action après les promesses accumulées. Pour l’instant, le club, tout désordonné qu’il est, n’est rien d’autre qu’un cirque, alors que les fans méritent beaucoup mieux que ça, et rapidement car le temps presse. La famille Rao a récemment demandé dans un communiqué aux fans de rester calmes. Aucune raison de s’alarmer alors ? Pas vraiment en fait. Time will tell.

Après leurs aînés de 1992, les jeunes Red Devils version 2011 promettent déjà

19 Juil

« S’ils sont assez bons, ils sont assez âgés (pour jouer) ». Cette phrase, prononcée par Sir Matt Busby, le premier grand manager de Manchester United (1945-1969 puis 1970-1971) et icône absolue ici, résume la philosophie des Red Devils : mettre constamment l’accent sur les jeunes. Au cours de la riche histoire du club, ce sont eux, formés au club ou achetés au firmament de leur carrière, comme les Busby Babes ou les Fergie fledglings de 1992, qui ont participé activement aux succès majeurs des mancuniens. La promotion 2011, qui vient de gagner la FA Youth Cup (6-3 sur deux matchs contre Sheffield United), possède déjà dans ses rangs de futurs talents, à condition qu’ils confirment ensuite au plus haut niveau. Mais le potentiel est là…

Attention, gagner la FA Youth Cup n’est pas synonyme d’une grande carrière au club et l’on retrouve dans l’histoire de Manchester United des exemples qui confirment cela. Ainsi, Duncan Edwards, l’un des Busby Babes, malgré son décès dans l’accident d’avion en 1958 à Munich, avait déjà débuté en équipe première avant d’avoir disputé la finale de 1953 et un avenir exceptionnel lui était prédit jusqu’à cet événement tragique. Autres exemples : la classe de 1992, avec Giggs (qui joue encore au club pour sa vingt-et-unième saison), Scholes (néo-retraité, vingt ans au club), Beckham (douze années), Butt (treize années) et Gary Neville (vingt années), soit tous des pièces maîtresses de l’ère Ferguson. À l’inverse, l’équipe victorieuse en 2003, elle, n’est pas un modèle de réussite future : parmi eux, quelques-uns jouent encore en Premier League dans des clubs de seconde zone (Richardson et Bardsley à Sunderland, Ebanks-Blake à Wolverhampton) et d’autres jouent en Championship (Eagles, McShane, Steele, Heaton), mais aucun n’a réellement brillé sous les couleurs mancuniennes.

À l’échelle nationale, on s’aperçoit aussi que gagner cette compétition ne garantit pas un avenir des plus glorieux. Parmi les dix derniers vainqueurs inscrits au palmarès, seulement vingt joueurs jouent encore en Premier League actuellement, dont les plus connus sont Steve Sidwell (en 2001 avec Arsenal, aujourd’hui à Fulham), Adam Johnson et David Wheater (en 2004 avec Middlesbrough, aujourd’hui à Manchester City et à Bolton respectivement), Jay Spearing (en 2007 avec Liverpool) et Jack Wilshere (en 2009 avec Arsenal) : un nombre très limité au final.

Mais à Manchester United, quoi qu’il arrive, on fait confiance aux jeunes et on leur laisse le temps nécessaire pour se développer, avant de savoir s’ils ont ou non un avenir au club. Cette philosophie, née à l’époque des Busby Babes, perdure sous le règne de Sir Alex Ferguson. Pas plus tard que la semaine passée, alors que le manager écossais cherche à renforcer son milieu de terrain emputé de Scholes, Hargreaves et peut-être Gibson, il a déclaré à la presse qui lui demandait s’il était intéressé par Wesley Sneijder : « Nous analysons les capacités des jeunes joueurs de notre équipe de jeunes. Nous leur donnerons une opportunité (de prouver leur niveau) ».

Alors, même si ce ne sont pas (encore) les nouveaux Giggs, Beckham ou Scholes, voici une présentation de ceux qui suscitent le plus d’espoir parmi les récents vainqueurs de la FA Youth Cup :

  • Ryan Tunnicliffe

Le natif de Bury est un joueur puissant et un bon tacleur, bref un gros travailleur. Il est considéré comme étant un milieu de terrain « box-to-box », capable de suivre une action avec et sans le ballon d’une surface à l’autre en répétant cet effort tout au long de la rencontre, un type de joueur de plus en plus rare de nos jours. Il a reçu son premier contrat professionnel le jour de ses dix-sept ans, le 30 décembre 2009. Le courage et la détermination sont des caractéristiques qui le caractérise, comme il a pu le démontrer tout au long de la compétition, notamment à Liverpool où il obtint un penalty après une percée au milieu du terrain ou à Chelsea où il transmit à l’issue d’une course similaire une passe décisive. Sa constance dans les performances de haute volée au cours d’une saison phénoménale de sa part lui a même valu le titre de Young Player of The Year. Il est déjà apparu sur le banc de l’équipe première, en FA Cup contre Crawley Town. Il vient d’être prêté à Peterborough en Championship, un club entraîné par Darren Ferguson, le fils de Sir Alex.

  • Paul Pogba

Le jeune Français a été formé au Havre, où son départ a créé une tempête en France, mais les mancuniens ne furent pas poursuivis en justice par le club normand qui a ensuite reçu une compensation. Son physique et ses qualités rappellent celles de son compatriote et ancien joueur d’Arsenal, Patrick Vieira (même s’il doit encore se muscler un petit peu avant d’être réellement prêt pour le plus haut niveau). Comme lui, il évolue au milieu de terrain, où il est déjà considéré comme un leader dans l’âme. Il peut donc aussi bien défendre qu’attaquer, ayant malgré sa taille une bonne technique, en témoigne ses roulettes et autres gestes ronaldesques. Il a marqué notamment un but magnifique au cours du parcours victorieux, en début de compétition contre Portsmouth.

  • Sam Johnstone

C’est le gardien du temple. Natif de Preston, il est remarquable sur sa ligne et dans ses sorties, comme il a pu le prouver tout au long de la compétition, par exemple à Liverpool où sans lui la victoire n’aurait pas plus être possible. Il a remporté aussi l’EURO 2010 des moins de 17 ans avec la sélection nationale.

  • Thomas Thorpe

Le natif de la ville est le capitaine de cette équipe. Il a lui aussi remporté l’EURO 2010 des moins de 17 ans. Défenseur central, il peut aussi évoluer en tant que latéral, à gauche comme à droite. Il a signé professionnel l’été dernier. À l’image des deux jeunes défenseurs centraux de l’équipe première, Chris Smalling et Phil Jones, il est très à l’aise balle au pied, ce qui lui permet de toujours bien relancer depuis la défense. Il use aussi sa grande taille pour venir s’imposer dans la surface de réparation adverse sur les coups de pieds arrêtés, ce qui lui a valu de marquer quelques buts déjà.

  • William Keane

C’est le buteur attitré de l’équipe, marquant pas moins de 21 buts en 19 titularisations, une moyenne supérieure à un but par match ! Il a donc sans surprise marqué contre chaque équipe sur la route de la victoire des Red Devils (Portsmouth, West Ham, Liverpool, Chelsea et Sheffield United en finale). Il a remporté lui aussi la compétition européenne précédemment citée. Son frère, Michael Keane, évolue lui aussi au sein de l’équipe au poste d’arrière latéral droit, mais lui a étrangement choisi de jouer pour la République d’Irlande.

  • John Cofie

Attaquant d’origine ghanéenne repéré par Burnley lors d’un tournoi en Allemagne, il fut acheté par les mancuniens à 14 ans seulement, au nez et à la barbe de Liverpool ! C’est un joueur qui est très discret dans la vie, mais c’est loin d’être le cas sur le terrain : son physique imposant ne l’empêche pas d’être bon avec le ballon et aime provoquer la défense adverse avec sa vitesse. Il a travaillé durement sa finition l’été dernier, ce qui lui a permis de réaliser une saison réussie. Certains même le considère comme l’une des perles de la promotion 2011, mais cela reste encore à confirmer. Il a déjà joué avec les jeunes Anglais, mais peut aussi être appelé par le Ghana ou l’Allemagne.

  • Ravel Morrison

Comme le veut la tradition, on garde le meilleur pour la fin. C’est de lui dont on parle le plus, à la fois en bien et en mal. C’est sans hésitation un joueur extrêmement talentueux, peut-être l’un des meilleurs jeunes que le club n’ait jamais connu. Cela est dû à sa créativité qui lui permet d’enchaîner les dribbles, les passes incisives et les buts. L’un de ses faits d’armes reste son doublé à Anfield en quarts de finale lors de la victoire 3-2, après quoi il chambra le Kop de Liverpool. Alors qu’après la demi-finale aller contre Chelsea, où les Red Devils avaient perdu 3-2, match qu’il n’avait pas pu disputer à cause d’une suspension, il marqua et fut au cœur de deux autres buts du match retour pour permettre à son équipe d’atteindre la finale. Comme William Keane, il a marqué contre chaque équipe en coupe. Il a déjà fait une apparition d’une minute contre Wolverhampton en Carling Cup. Cependant, en bad-boy qu’il est, il a déjà dû faire face à la justice à plusieurs reprises et a été condamné à verser £1445 en coûts et compensations après avoir avoué deux intimidations de victime. Si son côté rebelle prenait définitivement le dessus, cela serait évidemment une grosse perte pour le club, qui jusqu’ici l’a protégé et défendu contre vent et marée, mais jusqu’à quand ? L’espoir est là, comme le prouve ce que le juge lui a dit (des propos qui ne sont pas apparus dans les journaux, je remercie donc à cette occasion le journaliste du Guardian Daniel Taylor) : « J’ai reçu un rapport important sur vous. Il indique que vous avez été présents à toutes les convocations du juge, que vous travaillez à Manchester United et l’équipe de jeunes pour améliorer votre maturité et, en particulier, vous faites face à des situations où il faut vous contrôler. En travail d’équipe, on m’a dit que vous vous êtes engagé positivement avec d’autres jeunes personnes. Plusieurs dans votre situation ont appris à vivre avec la célébrité ; vous pouvez utiliser cela pour faire du monde un endroit meilleur et, si cette comparution vous le fait comprendre, cela ne peut être qu’une bonne chose. » On espère donc le voir réussir, à Manchester United de préférence, car ça serait dommage pour le football qu’un tel talent s’évapore.

On n’oublie pas de citer leurs coéquipiers : Larnell Cole, les Italiens Massacci et Fornasier, McGinty, Lingard, Van Velzen… Tous ne réussiront pas au plus haut niveau, c’est sûr, mais peut-être qu’après les Busby Babes ou les Fergie fledglings, on tient à Old Trafford une nouvelle génération dorée, celle de 2011. En tous les cas, seul le temps nous le dira. Pour l’instant, ils doivent au moins avoir leur chance à Manchester United, mais soyez en sûr, Sir Alex Ferguson leur donnera car c’est dans l’ADN du club. Ne vous faites pas de soucis pour ça…

Ça grogne à Everton

17 Juil

L’avant-saison est souvent le moment où les fans sont optimistes pour leur équipe : nouveaux visages, nouvelles ambitions, avec parfois plus d’argent à disposition pour progresser, et pourquoi pas même remporter un trophée. Pour les supporters d’Everton, ce n’est absolument pas le cas, loin de là. Depuis plusieurs années maintenant, les Toffees, emmenés par leur manager David Moyes, réalisent des miracles sur le terrain avec un budget limité qui les empêche de se développer davantage. Jusqu’à quand cela peut-il durer ? Pas d’argent, pas de recrues, et les fans commencent à se faire entendre…

 

Laissez- moi d’abord vous rappeler ce que représente ce club sur la scène anglaise. Everton, c’est déjà 107 saisons disputées en Premier League, un record. C’est aussi 9 titres de champion d’Angleterre, 5 Coupes d’Angleterre et 1 une Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en 1985. Avec une moyenne de 36000 spectateurs par match dans leur antre de Goodison Park, où le club évolue depuis 1892, on parle là d’un club historique, au palmarès important.

Mais depuis plusieurs saisons, sous la présidence du producteur et metteur en scène de théâtre célèbre Bill Kenwright, né à Liverpool et fan inconditionnel du club, les Toffees ne parviennent pas à suivre la cadence imposée par le nouveau Big Six, dus à un manque de moyens financiers et une dette de 45 millions de £ qui gangrène le club. Pour le moment, les Blues de Liverpool arrivent tant bien que mal à garder de bons résultats sur le terrain, finissant pour la cinquième saison dans les huit premiers et allant même en finale de la FA Cup en 2009. Cela est bien évidemment en grande partie grâce à l’Écossais David Moyes, à Everton depuis 2002, qui refuse depuis plusieurs années les offres de clubs rivaux en montrant sa loyauté (un cas unique par les temps qui courent) et en continuant à faire des miracles avec un budget limité.

Face à cette situation difficile, qui empêche les Toffees de passer un palier supplémentaire afin de pouvoir jouer dans la cour des grands, les supporters sont toujours restés calmes, ne protestant jamais devant le stade et que rarement sur les forums ou les radios. Mais la patience à des limites, et les fans commencent à faire entendre leur mécontentement face au manque d’ambition du club qui, à moins d’une vente d’un joueur star du type Rodwell ou Arteta, ne peut espérer recruter que des joueurs libres ou prêtés. Certains même se sont rassemblés dans des groupes de protestation, comme The People’s Group, qui compte déjà 2000 membres, ou Evertonians For Change, et qui ont pour but de faire pression sur les dirigeants et le président dont les promesses de gros investissements futurs n’ont pas été tenues.

Ce que les supporters veulent savoir, c’est où va l’argent, alors qu’Everton joue dans la ligue la plus riche du monde. Ils ne demandent pas au président Bill Kenwright pourquoi le manager ne peut pas recruter les mêmes joueurs que Sir Alex Ferguson ou Kenny Dalglish, mais plutôt pourquoi il n’a même pas les moyens de rivaliser financièrement avec des clubs comme Stoke City ou Sunderland. Le club ne pourra se contenter indéfiniment des miracles de l’Écossais car si le club ne progresse pas rapidement, soit David Moyes en aura assez et partira vers un club où il aura les moyens de ses ambitions, soit Everton se dirigera dangereusement vers les profondeurs du classement.

Pour quelles raisons le club n’est-il toujours pas entré dans l’ère du football moderne ? C’est une question qui résume bien toutes celles que les fans se posent actuellement, et le board les maintient dans l’ignorance la plus totale, en ne communiquant pas de réponses claires sur ce qui se passe en coulisse : pas très honnête pour un club qui se veut être proche du peuple. Des interrogations comme : pourquoi l’équipe ne progresse-t-elle pas ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’argent pour recruter de nouveaux joueurs ? Pourquoi la dette représente-t-elle un si gros problème pour le développement du club ?

Les années de la présidence Kenwright sont celles des occasions manquées. Déjà en 2003, le club projetait de quitter Goodison Park pour aller s’installer à King’s Dock. Mais, alors que Kenwright avait dit qu’il ne laisserait pas passer une telle opportunité, les actionnaires ont été incapables de verser leur part de 30 millions de £ pour financer la construction du stade. Quand on sait que la Liverpool Echo Arena, qui fut construite à sa place et qui accueille des concerts et des évènements sportifs, est très lucrative, on se dit que cette opportunité manquée est peut-être la plus grosse erreur du club sur les dernières années. Imaginez une seconde ce que serait aujourd’hui Everton avec une enceinte de 55000 places… Suite à cela, le board n’a fait que s’affaiblir, notamment lors de la vente de Wayne Rooney : alors que Kenwright avait indiqué qu’il refuserait même une offre de 50 millions de £, il fut finalement vendu deux mois plus tard pour deux fois moins (25,6 millions de £). Cela représente une nouvelle occasion manquée de rester ferme et déterminé pour tirer un maximum d’argent sur la vente d’un jeune joueur phénoménal (l’histoire se répètera pour la vente de Joleon Lescott à Manchester City en 2009 et l’année suivante quand aucun nouveau contrat ne sera proposé au prometteur Dan Gosling). En 2007, alors qu’un nouveau projet de stade à Kirkby s’était présenté et qu’un grand nombre de supporters était en désaccord (41% après un vote) car l’emplacement était en dehors de la ville, le board avait quand même décidé de poursuivre le projet, se mettant ainsi une majorité des fans à dos (finalement, le gouvernement annulera le projet).

Ensuite donc s’est ajouté à cela le manque d’investissement, et là encore les fans se sentent trahis. Même si Kenwright a toujours été honnête en clamant qu’il n’a pas des moyens comparables à ceux de Roman Abramovitch par exemple, nombreuses sont les fois où il a répété que David Moyes aurait de l’argent à disposition pour renforcer l’équipe. Ce fut le cas les deux étés précédents, mais peu à été dépensé depuis, c’est le moins que l’on puisse dire. Aussi, le propriétaire a répété à maintes reprises que des investisseurs étaient intéressés pour reprendre le club, mais à chaque fois, personne ne lui a fait d’offre. Pourquoi donc ? Les supporters s’interrogent, comme le résume The People’s Group : « Pourquoi personne n’a fait une offre ? Pourquoi Kenwright dit que ceux qui se sont déclaré intéressé ont soudainement disparu ? Est-ce le prix trop important du club ou existaient-ils vraiment ? Aucun nom n’a été mentionné, pourquoi ? »

L’attitude prise par le club ces dernières années, qui consiste à se distancer des supporters, est dangereuse, surtout ici en Angleterre. Clairement, les dirigeants ne donnent absolument rien aux fans qui ne méritent pas cela. Au moins, ils mériteraient de savoir pourquoi.

Manchester City et Etihad Airways : une union qui fait débat

15 Juil

La nouvelle est tombée il y a quelques jours : Manchester City a signé un contrat de dix ans d’une valeur de 400 millions de £ avec la compagnie aérienne nationale d’Abu Dhabi, Etihad Airways. Cela inclut un changement de nom pour le stade, qui deviendra l’Etihad Stadium, une extension du sponsoring maillot par la société et le développement des terres autour du stade (l’Etihad Campus). Ce contrat de sponsoring est un record dans le monde du sport. Mais cela ouvre un débat légitime : cette union est-elle légale ou ne masque-t-elle pas plutôt un conflit d’intérêt ? L’UEFA et son fair-play financier fait face à leur premier gros défi : approuver ou non cet accord. Analyse…

D’un point de vue économique

À l’achat de Manchester City en 2008, Sheikh Mansour a hérité d’un club aux revenus faibles : seulement 23,3 millions de £ par an, les sponsors (Thomas Cook et Le Coq Sportif) ne rapportant que 6,5 millions de £ par saison, un total faible comparé par exemple aux 70 millions de £ reçus par Manchester United chaque année à cette époque. Depuis, les Citizens n’ont cessé de se transformer : en 2009/2010, les sponsors des années précédentes disparaissent, et place à Etihad Airways, Umbro, Abu Dhabi Tourism, aabar et Etilsalat, pour un total par saison de 32,4 millions de £. Cela marque clairement un rapprochement du club d’Abu Dhabi. La saison 2010/2011, à l’inverse, marque une diversification des sponsors, qui viennent maintenant d’Allemagne (Ferrostaal), des Pays-Bas (Amstel), d’Angleterre (Jaguar, Malmaison). Au total, c’est 10 millions de £ en plus par an qui viennent s’ajouter aux caisses du club, soit 42,4 millions de £.

Mais avec ce nouvel accord qui rapportera au club 40 millions de £ en plus par saison, Manchester City est passé dans une autre dimension. En effet, les contrats les plus importants sont détenus en ce moment par Manchester United avec AON et par Liverpool avec Standard Chartered pour 20 millions de £ par saison, alors qu’à l’étranger, le Bayern Munich reçoit 23 millions de £ par an grâce à un contrat avec Deutsche Telekom. Les Sky Blues éclipsent aussi le contrat d’Emirates avec Arsenal, qui ne rapporte aux Gunners « que » 90 millions de £ en tout sur 15 ans, soit environ 6 millions de £ par an pour le sponsoring maillot et le nom du stade.

En comparaison, Manchester City était devant Arsenal et Tottenham au niveau des revenus par saison avant l’union avec Etihad Airways. Mais désormais, les Citizens vont surpasser les revenus annuels de Chelsea (56 millions de £ en 2009/2010) et se rapprocher de ceux de Liverpool (62 millions de £ en 2009/2010) et de ceux de Manchester United qui devraient excéder la barre des 100 millions de £ en 2010/2011.

D’un point de vue moral et sportif

Les dirigeants du club sont clairs : ce contrat est tout à fait conforme aux règles pré-établies par l’UEFA et à son nouveau fair-play financier. Garry Cook, le directeur général du club, l’affirme : « Nous avons un dialogue ouvert avec l’UEFA. Nous avons eu plusieurs réunions avec eux sur nos plans de croissance et ils soutiennent notre ambition. » À l’annonce de l’accord entre Manchester City et Etihad, l’instance européenne n’a pas tardé à réagir : « Nous sommes au courant de la situation et nos experts feront des évaluations sur la justesse des contrats de sponsoring en utilisant les contrats actuels comme référence. » L’UEFA va donc étudier avec précision un contrat alléchant qui commence à faire débat. Wenger a été le premier à s’insurger contre ce qu’il appelle « le gros test de Platini » : « Cela soulève la question de la crédibilité du fair-play financier. Manchester City nous transmet le message qu’ils pourront le contourner en faisant ce qu’ils veulent ». Il ajoute aussi que « le contrat doit être au prix du marché » et que « les règles doivent être respectées ». Il sera soutenu ensuite sur Twitter par le propriétaire de Liverpool, John W. Henry. Alors, simple jalousie ou sonnette d’alarme ? D’un point de vue des règles, aucune barre maximale n’est fixée pour les contrats des clubs, mais à l’annonce d’un tel chiffre, on est néanmoins en droit de s’interroger.

Déjà, pour une compagnie aux revenus égaux à 2 milliards de £ par an, même si elle est actuellement en train de se développer, signer un contrat de sponsoring de 400 millions de £ sur 10 ans, soit 10 à 15% de son chiffre d’affaires annuel, cela est assez étrange économiquement parlant. Plus louche encore, la compagnie aérienne appartient à la famille royale d’Abu Dhabi, avec comme dirigeant le Sheikh Hamed bin Zayed, qui n’est autre que le demi-frère du propriétaire des Citizens. Il est donc légitime de se poser la question suivante : est-ce que cet accord est en harmonie avec le fair-play financier tant défendu par Michel Platini, le président de l’UEFA ? Ce qui est sûr, c’est que cela, ajouté à la valeur du contrat avec Etihad Airways bien au-dessus des accords en cours dans les plus grands clubs européens avec leurs sponsors, vient donner du crédit aux réactions véhémentes des principaux concurrents des Citizens. On ne serait pas loin de penser comme Wenger : Manchester City ne serait-il pas tout simplement en train d’essayer de contourner le fair-play financier, en transférant des fonds d’un membre de la famille royale à un autre ?

C’est à l’UEFA de décider s’il faut agir. Certes, le contrat a pour projet de développer l’est de Manchester, ce qui bien évidemment louable si cela se réalise comme prévu, mais avec celui-ci, les revenus du club proviendront à 85% d’Abu Dhabi. Reste que le fair-play financier autorise toute opération basée sur le stade ou à proximité, comme la construction d’un centre d’entraînement ou spécialisé dans la santé, d’un hôtel, d’un restaurant, voilà un point de l’accord qu’heureusement personne ne peut contester ! Le club doit donc être applaudi s’il transforme la partie de la ville proche de son stade, mais le montant faramineux de cet accord, s’il est confirmé, ainsi que la provenance de ces fonds, nous laissent en droit de nous interroger sur cette union qui crée la polémique. L’UEFA a donc un gros défi à relever : statuer sur la régularité de ce contrat, pour savoir si le club agit ou non en conformité avec le fair-play financier, s’il y a ou non un conflit d’intérêt, puis expliquer les raisons de sa décision. Quoi qu’il arrive, Michel Platini doit rester ferme et ne pas affaiblir son projet de régulation et l’instance qu’il préside en autorisant des clubs dans le futur à profiter des brèches existantes dans le fair-play financier. Sinon, les dérives vont continuer, encore et toujours, malheureusement pour le football…

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